Nantes-Rennes : enfin une coopération ?
Au cours de ce mois d'octobre 2009 s'est tenu le premier colloque Nantes-Rennes. Au-delà des maires des deux villes, Jean-Marc Ayrault et Daniel Delaveau, de nombreuses personnalités sont intervenues, notamment les présidents des universités, des CCI, des conseils généraux et régionaux impliqués. Des secteurs clés d'activité économique ont été évoqués ainsi que l'importance de la coopération entre les deux villes en termes d'innovation et de recherche, le tout pour être compétitif face aux autres espaces métropolitains en Europe et dans le Monde.
Il était temps me direz-vous, après des années, voire des décennies, de promesses. Déjà en janvier 2008 le maire de Nantes disait vouloir intensifier les liens entre les deux villes, mais sans suite. Cette fois-ci des jalons sont posés, reste à savoir bien sûr si ce colloque sera suivi d'effets réels. Première promesse : mettre Rennes et Nantes à 40 minutes en train. Mais à quel horizon ? 2025, comme le prévoit le plan d'aménagement de la gare de Rennes ?
Quoi qu'il en soit, l'initiative reste encourageante. Peut-être assiste-t-on à la fin de la rivalité stérile qui existe entre les deux plus grande villes de Bretagne depuis la partition de cette dernière. La fin de 30 ans d'inefficacité ? A opposer réalité humaine et économique ? Espérons.
Car, soyons sérieux, une ligne grande vitesse Nantes - Rennes devrait exister depuis une quinzaine d'années au bas mot. Et nul doute que beaucoup moins d'énergie serait nécessaire pour mettre en place une vraie coopération dans une seule et même région administrative. Alors, faut-il faire le grand ouest ? Sûrement pas ! Pourquoi se priver du nom "Bretagne" quand on sait la puissance de ce qu'il représente à travers l'Europe et le Monde. Pas besoin non plus de perdre un peu plus les populations dans une non identité "grand ouest" qui est néfaste au bon fonctionnement social et économique.
Donc nous avons besoin urgent d'une Bretagne réunifiée, avec ses 5 départements. La synergie qui naîtra entre les villes bretonnes (pas uniquement entre Nantes et Rennes) créera une zone de prospérité économique et de sérénité sociale qui sera bénéfique à toute la Bretagne mais aussi bien évidemment aux territoires limitrophes, à savoir l'Anjou, le nord Vendée, le bas-Maine ou le Cotentin. Rien n'interdit non plus, d'avoir des partenariats très suivis avec ces régions, pour la recherche, les transports, l'aménagement du territoire et le développement durable. Le fait de regrouper tout le littoral breton dans une même entité administrative en fera un puissant espace maritime, capable d'organiser son développement et pourquoi pas de court-circuiter les ports surchargés de la Mer du Nord. Ce sera enfin un pouvoir considérable de pression sur la réglementation du trafic maritime et de la pêche. Veut-on éviter de nouvelles marées noires ? Veut-on continuer à manger du maquereau ? La Bretagne réunifiée nous y aiderait.
Bémol du colloque : la Réunification de la Bretagne n'est pas à l'ordre du jour. C'était à prévoir quand on sait l'opinion des protagonistes. Un maire de Rennes qui rêve d'un "grand ouest" où Rennes mettrait à ses pieds la Basse-Normandie, le Maine, l'Anjou, la Vendée et toute la Bretagne ; un maire de Nantes qui préférerait un autre "grand ouest" avec les régions Bretagne, "pays de la Loire" et Poitou-Charentes. Quand à la présence de Jacques Auxiette, c'est la garantie que la Réunification n'était pas à l'ordre du jour ! En résumé, on voit mal comment ces messieurs pourraient s'entendre sur le long-terme. Cette reprise des relations diplomatiques est une légère avancée, la Réunification est plus que jamais porteuse d'avenir.

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Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes, n'hésitait pas à afficher les couleurs tibétaines lors de la visite du Dalaï Lama, chef religieux tibétain, à Nantes en 2008. Celui-ci a longuement écouté les revendications tibétaines avant de s'insurger contre la répression chinoise au Tibet, qui se manifeste par le non respect de l'intégrité territoriale, l'acculturation et une colonisation ethnique. Il est en revanche moins enclin à afficher le Gwenn-ha-Du et à s'élever contre le non respect de l'intégrité territoriale bretonne (par éviction du Pays Nantais) et l'aculturation forcée de la Bretagne ces deux derniers siècles... La réalité est que monsieur Ayrault ne veut pas entendre parler de Bretagne. Lui, il veut le "grand ouest", un grand arrière-pays complètement dédié à Nantes. Les "pays de la Loire" importent peu, ce qui compte c'est que Nantes devienne la super-préfecture de l'ouest, au détriment de Rennes, l'inquiétante cité qui, si la Bretagne était réunifiée, pourrait en être la capitale... Un maire de Nantes pourrait-il supporter d'être l'homme faible qui aurait laissé faire ça ? Pas JMA en tout cas ! Lui, il peut réunifier le Tibet !
Daniel Delaveau, maire de Rennes, n'est pas favorable à la Réunification (pas vraiment contre non plus, Rennes n'est pas loin de la Normandie...), comme tout maire de Rennes qui se respecte... Il prétend vouloir intensifier la coopération Nantes/Rennes (on attend toujours...) dans le cadre d'un équilibre entre les deux métropoles. La logique est simple : Nantes étant la plus grande ville de Bretagne, si celle-ci était réunifiée, elle risquerait d'en devenir la capitale. Pas acceptable pour un maire de laisser sa ville perdre son omnipotence sur la Bretagne. Donc en dépit du positionnement du Conseil Régional de Bretagne (dont Rennes devrait être la meilleure représentante...) et du Conseil Général d'Ille-et-Vilaine en faveur de la Réunification, les maires de Rennes font cavaliers seuls en Bretagne. S'ils ne se positionnent jamais vraiment contre, pour ne pas vexer les électeurs, ils la retardent tant qu'ils le peuvent, espérant ne plus être sur le trône quand Rennes devra déconcentrer une partie de l'administration bretonne.
Quant à monsieur Auxiette, président de la région "pays de la Loire", il est objectivement extremiste. Mais peut-on sérieusement lui en vouloir ? La Réunification de la Bretagne aboutira mécaniquement à la dislocation des déjà très lâches "pays de la Loire". Se pose alors le problème de sa carrière : s'il est inenvisageable qu'il se présente en Bretagne, il ne pourra pas non plus barrer la route à Ségolène Royal, sa camarade de parti, en Poitou-Charentes-Vendée. Restent le Maine et l'Anjou qui n'ont sans doute pas particulièrement de griefs contre lui. Mais ces deux entités pourraient être rattachées à un Centre-Val de Loire dans lequel Auxiette aurait bien du mal à s'imposer, lui, le natif du Berry ayant grandi en Auvergne et enseigné en Vendée. On comprend encore mieux son inaptitude à comprendre la Bretagne et donc le Pays Nantais après avoir lu son CV... Il se positionne ainsi dans la droite ligne de ses prédécesseurs, Jean-Luc Harousseau, François Fillon et Olivier Guichard, tous hostiles à la Réunification, pour les mêmes raisons.


